Chrysalide

J’ai le sentiment que ces derniers mois ma vie n’a été faite que de questions, d’interrogations sans fin qui m’ont fait tourner en rond.

Dernière année de formation, celle du diplôme. Un stage de dingue qui me fait perdre la tête, qui m’éloigne des miens, une perte de repère quasi-totale qui m’a même fait douter de ma vie et de mes projets. Des rencontres riches, intenses mais pas forcément bienveillantes qui me demandent d’être sur le qui-vive en permanence.
Depuis septembre je suis sur un fil, tellement instable que j’en ai repris la clope. Cette béquille oubliée depuis 3 ans et dont je pensais m’être définitivement débarrassée. Cette béquille que je n’avais même pas sollicité au moment de la rupture avec ma famille et qui est revenue dans ma vie l’air de rien.

Moments de survie. Dernière ligne droite avant la liberté. Tenir en apnée jusqu’au mois de mars avec pour mot d’ordre de ne pas trop m’éloigner des miens.
Puis de mars à juin le défi ultime: écrire un mémoire, le soutenir, passer ces oraux, cet écrit. Tenir malgré la fatigue et la nervosité.
Obtenir ce diplôme pour être enfin libre.

L’impression d’être enfermée dans une cage et de percevoir entre les grilles comme il fait beau à l’extérieur. Là où tous nos projets foisonnent.

Comme on sera bien dans un nouveau chez nous avec un beau jardin.
Mon fils qui bêchera la terre avec son père pour planter nos premiers légumes, nos premières fraises.
Comme on sera plein de belles images, riches des voyages que nous feront tous les 3.
Légers de partir où bon nous semble, libérés de toute contrainte ou presque.
Avec cette envie de créer des choses qui s’étend de plus en plus.
Enfin adulte, enfin autonome, enfin qualifiée, riche de mes expériences de vie, forte de cette famille que nous avons construite.

Je suis encore dans ma chrysalide. Mais je travaille à devenir le plus beau des papillons.
Je leur dois bien ça. Je ME dois bien ça.

Et après, on s’envolera loin. Très loin de cette vie.

Ce vide en moi

Comme une main que je ne cesse de tendre mais que personne ne saisit

Comme un hurlement permanent qui ne peut être entendu

Comme une plaie profonde que rien ne semble pouvoir soigner

Comme un trou béant qu’aucun bonheur ne parvient à combler

Comme ces milliers de mots, ces torrents de larmes qui restent coincés là

Comme tous ces coups que l’on m’a donnés et que je ne pourrai jamais rendre

Comme tous ces souvenirs qui m’habitent mais que je ne peux partager

Comme toutes ces peurs qui me paralysent

Comme toutes ces choses dont je ne me souviens pas mais qui sont bien là

Comme tout ce qui aurait pu, aurait dû être et qui ne sera jamais

« La douleur, c’est le vide » Sartre.

Air frais

Nouveau look pour cet espace. Plus aéré et plus clair. Juste quelques changements qui permettent à ce blog d’être plus en accord avec mon état d’esprit actuel.

Heureuse d’être là où je suis, pleine de projets et d’envies, portée par un vent nouveau. J’espère investir cet endroit comme j’en ai souvent eu envie sans jamais vraiment prendre le temps de le faire.

Alors à très, très vite.

A la ramasse

Demain cela fera 2 mois que l’esquimau est venu au monde. Deux mois de bonheur, d’amour mais aussi de pleurs, et surtout de fatigue !

J’en arrive à un stade plutôt inquiétant et je me fais du soucis pour ma santé mentale…En effet,  plusieurs évènements ces derniers temps m’ont fait comprendre que mon cerveau avait du mal à suivre . Papa d’hiver ne m’a pas encore parlé d’internement mais j’imagine que ça n’est qu’une question de temps…

Je partage donc avec vous une petite liste de ces moments d’égarement (et si à tout hasard un médecin passe par là…je ne suis pas contre quelques somnifères un diagnostique !)

1- Premier constat: Quand l’esquimau est dans mes bras il m’est quasiment impossible de tenir une conversation normale avec un autre être humain (de plus de 5 ans j’entends…). C’est comme si tous mes neurones étaient entièrement dédiés au petit roteur qui squattes mes genoux. Ne sont intelligibles que ses borborygmes, le reste n’est qu’un épais brouillard d’où ressortent parfois bribes de phrase.

2- Il y a quelques jours alors que je tentais de DORMIR BORDEL ! trouver le sommeil pendant que mon fils chouinait dans son lit à quelques centimètres de moi. Papa d’hiver s’est redressé et après avoir inspecté les environs me sort:

« – Ah bah je croyais que tu l’avais dans les bras!

– Bah pourquoi ça ? Il est dans son lit… 

– Dans ton sommeil, tu faisais des mouvements pour le bercer« 

Eh merde…ça y est, j’adopte des comportements autistiques quand je dors…

3- Pas plus tard qu’hier, je me suis rendue chez le boulanger. La vendeuse me tape la discut » en voyant l’esquimau dans l’écharpe. Sauf qu’à coups de « C’est mignon à cet âge » et de « Il est bien là contre sa maman » bah….j’en ai oublié les baguettes ! Genre, je passais juste lui dire bonjour quoi !

4- Et enfin LE TRUC qui m’a fait prendre conscience que mon état devenait pathologique: mon rêve de la nuit dernière. Ce grand moment où j’ai pu enfin dormir rêvé que Papa d’hiver se transformait en POULE pour, je cite: « voir ce que cela fait de pondre un oeuf ».

C’est bon, j’ai compris, je prends immédiatement rendez-vous chez le psy…

Laisse tomber, ça fait mal en fait...

Un look en carton

Au cours de la vie, on change, on évolue. On rencontre de nouvelles personnes, on prend de nouvelles directions, on s’affirme et notre look évolue avec nous.

Comme je vous l’ai déjà dit, on n’attachait pas beaucoup d’importance à l’apparence dans ma famille convaincu qu’elle empêchait la bôooté intérieure de se développer. On ne m’a donc jamais appris à prendre soin de moi, jamais aidé à m’aimer. Les boutiques, ma mère m’y accompagnait à contre coeur et les achats devaient être utiles et pratiques. Forcement, nous étions 5 enfants à la maison et ce poste de dépense n’était pas une priorité.

Pourtant moi, j’ai toujours aimé les fringues, le maquillage et tout ce qui se rapporte au soin du corps, en gardant à l’esprit le bon gout et la discrétion afin d’éviter les remarques familiales désobligeantes. Pas facile de trouver son style sans être guidé…

L’esquimau est né il y a maintenant presque 2 mois. Pendant la grossesse, j’avais mit quasiment la totalité de ma garde robe en cartons pour ne pas encombrer le dressing de vêtements que je n’allais de toute façon pas pouvoir porter pendant au moins 9 mois.

En attendant mon fils, j’ai pris 20 kilos. Oui c’est beaucoup. D’autant plus qu’aujourd’hui il m’en reste encore 12 à perdre…Moi qui pensais que cette histoire de perte de poids serait réglée en 3 mois maximum… On est loin du compte !

Alors quoi de mieux pour se motiver que de ressortir mes vêtements des cartons ?! Super idée à laquelle je me suis attelée aujourd’hui, profitant du répit de ce matin laissé gracieusement par sa majesté l’esquimau (c’est incroyable la capacité qu’il a à dormir quand je suis active et à faire le bordel gazouiller quand je m’écroule de fatigue !)

A l’ouverture de ces cartons, deux constats…

1- « Oh my god, comment vais-je faire pour rentrer un mollet dans ce jean ? »… » Ma vie est foutue, je suis condamnée à rester une grosse patate pour la fin de mes jours! »… »Il ne faut SURTOUT PAS que Papa d’hiver revoit ces vêtements » (déjà qu’il m’a glissé l’air de rien que j’avais des rondeurs disgracieuses)… Je revois défiler tout ce que j’ai pu m’enfiler de chocapic, de Macdo, de bonbons, de pâtisseries (Je perds cher mon nouvel intérêt pour ce domaine…) pendant cette gestation interminable…

2- « Nan mais sérieux, c’est quoi ces fringues ?!! On dirait que je suis restée bloquée à mes années fac! Je peux plus mettre ça, j’aurais l’air de quoi franchement ? » Et puis ce look uni, triste, passe partout, je n’en veux plus.

Avec l’arrivée de l’esquimau, j’ai l’impression d’avoir pris une autre dimension. Je suis maman et j’ai une idée très précise de la mère, de la femme que je veux être. Ca passe par une attitude, un état d’esprit biensur et je vous raconterai combien sur ce point, les choses ont déjà changé pour moi. Mais ça passe également par l’apparence. Je veux quelque chose de plus adulte, de plus mature, de plus affirmé, de plus raffiné. Une belle métamorphose qui respecte la nouvelle moi.

Bon, c’est sûr que là tout de suite avec mes 12 kilos en trop, mes poches sous les yeux, la tâche de vomi séché sur le bras et la tablette de chocolat à l’orange que j’entends crier depuis son placard, y a encore du boulot…

Mais on y croit !

Ca c'est la tronche que je faisais AVANT l'ouverture des cartons...