☆ Baby Blanket ☆

Je vous en avais parlé il y a quelques mois, l’apprentissage du tricot m’a aidé à me sortir du profond ennui que je ressentais pendant mes longues journées de grossesse.

Une fois lancée, j’ai tricoté pendant des heures. Des vêtements que je n’ai parfois jamais terminés, des chaussons qui étaient mille fois trop grands, une écharpe pour Papa d’hiver, des mètres d’entrainement pour maîtriser de nouveaux types de mailles.

Et puis, je me suis lancée dans un ouvrage extrêmement long: une couverture de naissance pour l’esquimau. Le genre de chose dont on est tellement fière si l’on arrive à la terminer sans faire trop d’erreurs qu’elle accompagnera notre enfant plusieurs hivers durant et qu’on la gardera comme une relique pendant des années.

Pour ce projet un peu particulier, j’ai choisi un modèle Phildar. Quelques points qui semblaient compliqués au premier abord mais qui se sont en fait avérés accessibles avec un peu de persévérance.

Nous sommes allés choisir une laine de bonne qualité qui supportera l’usure du temps et qui, de par sa douceur, respectera la peau fragile de bébé. Nous avons trouvé notre bonheur avec des pelotes de la gamme Légende de Bouton d’Or coloris Elfe.

Après des semaines de travail, voici ce qui est sorti de mes aiguilles juste à temps pour la naissance de l’esquimau. Franchement, je n’en suis pas peu fière, ça valait vraiment le coût coup !

6 mois après: mon corps et moi

Durant ma grossesse j’ai grossi. Mais genre BEAUCOUP grossi.

N’étant pas du genre à faire les choses à moitié, j’ai pris 20 beaux kilos. 6 dû au baby et le reste dû aux frites, cheesburgers, envies irrepressibles de suuucre et une activité physique inexistante.

Au début de ces 9 mois « merveilleux », je gonflais de partout et ma poitrine prenait quasiment une taille par jour mois. J’ai rapidement enfilé un jean de grossesse et acheté des soutifs taille baleineau (la taille baleine m’attendant pour la première montée de lait…). Comme tu l’imagines, mon sex-appeal était au plus bas et mon estime de moi aussi.

Et puis au cours de la grossesse, je pense que j’ai fini par accepter cette situation (oui bon ok, je n’avais pas le choix). Partager mon corps n’a pas été facile mais je pense que ce qui illustre le mieux cette acceptation de l’esquimau dans mon ventre ça a été le changement du regard que je portais sur mon corps.

En effet, je ne me voyais plus comme avant. Je ne voyais pas à quel point j’étais bouffie et boudinée (et pourtant je t’assure qu’il y a des photos de cette époque et qu’elles ne trompent pas et que je vais de ce pas brûler !). J’allais même jusqu’à croire ces bons amis qui m’assuraient que mes kilos en trop ne se remarquaient vraiment pas ! En fait a ce moment là, mon poids, mon apparence physique ne m’intéressaient pas plus que cela.

Bon, en même temps c’était peut-être une sorte d’instinct de survie. Si j’avais conservé mes exigences d’avant et que je m’étais vue dans un miroir à cette époque, j’aurais certainement eu envie de me pendre. En tout cas, le fait que Papa d’hiver soi resté avec moi pendant cette période force mon admiration !

Et puis il y a eu l’accouchement. Et ce qu’il a laissé derrière lui. Un ventre vide, mou, des vergetures en veux-tu en voilà, de la graisse inutile et en grande quantité, le cheveux terne et gras. Bref, le bonheur… Je n’ai jamais été aussi arrangée qu’à cette période. Mais étonnemment, les mois qui ont suivis, je l’ai accepté. Je ne me voilais pourtant pas la face sur mon état mais l’essentiel était ailleurs je crois. Je me disais que j’avais le temps pour perdre ces kilos en trop, pour retrouver mon corps d’avant (avant la grossesse hein !) et que si je gardais quelques rondeurs, ça n’était pas grave tant que je me sentais bien comme ça.

J’ai repensé alors à la mauvaise estime que j’avais de mon reflet dans le miroir avant que mon corps n’abrite ce petit être magique. Tout ce temps, toute cette énergie que j’avais perdus à me trouver toujours trop grosse alors que j’étais parfaitement normale. J’étais éternellement insatisfaite quelque soi mon apparence.

Voilà maintenant presque 6 mois que l’esquimau est avec nous. J’ai quasiment retrouvé mon poids d’avant… et les préoccupations qui allaient avec. J’ai retrouvé cette intransigeance envers mes courbes, toujours trop grosses, jamais satisfaisantes.

Je ne sais pas vraiment à quoi cela est dû…

Peut-être l’amer constatation que mon corps à poids égal n’a plus grand chose à voir avec celui que j’ai connu. Il me faut certainement du temps pour apprivoiser cette nouvelle enveloppe, celle qui a donné vie à mon fils que j’aime tant.

Peut-être aussi la perspective du retour en société, au boulot, sous le regard de mes futures collègues. Après tout, n’est-il arrivé à personne d’observer discrètement une femme ayant accouché dans l’année pour voir si elle avait réussi l’exploit de ne plus avoir cette petite rondeur au niveau du ventre ?

Peut-être aussi la comparaison avec les femmes de mon âge qui, pour la plupart, n’ont pas encore d’enfants et ne l’envisagent même pas dans un avenir proche. Ces femmes qui évoluent encore, vides de toute préoccupations maternelles, arborant un corps vierge de tout stigmate.

6 mois, c’est le temps de répit qui m’a été offert avant de retrouver ce regard impitoyable dans le miroir…et il ne m’avait pas manqué !

Retour en enfance

Je fais partie de ces personnes qui n’ont pas beaucoup de souvenirs de leur enfance. J’ai grandi à la campagne mais n’aimais pas jouer dehors.

D’un naturel plutôt solitaire, je passais mes journées seule, enfermée dans ma chambre, à me créer des univers qui n’appartenaient qu’à moi, dont j’étais la seule à avoir les clés. Je partageais cette pièce avec ma petite soeur mais j’arrêtais de prendre du plaisir à jouer, dès qu’elle souhaitait participer. L’évasion n’était plus là.

Je me souviens parfaitement avoir joué aux Barbies. J’en avais un tiroir à roulette plein sous mon lit. J’en ai profité jusque très tard. A l’âge où les enfants d’aujourd’hui écoutent leur I-pod en tchatant avec leurs potes sur facebook.

Je me souviens très bien de ma Barbie préférée. Elle portait un tutu bleu. Elle était très simple mais je trouvais que c’était la plus belle. Vous pensez donc bien que c’est elle qui se tapait tous les Actions Man que je piquais à mon frère trouvant les Kens trop insipides.

Et puis ce week end, je suis allée faire un tour sur le blog de Poulette Magique. Son blog magnifique est une véritable mine d’or de jouets vintages. Je me demandais comment il était possible d’aimer à ce point les objets pour en collectionner autant. Et puis, je suis tombée sur des photos de Polly Pocket et mon sang n’a fait qu’un tour, mon coeur s’est emballé.

Comment avais-je pu oublier le temps que j’avais passé avec ces univers miniatures? Où s’étaient égarés dans mon esprit ces instants de pur bonheur que ces bonhommes d’un centimètre, articulés à la taille et leur maison en plastique pleine de cachettes m’avait procurés ?!

J’ai passé mon dimanche à écumer internet pour retrouver les fameux Polly Pocket qui étaient en ma possession. Ceux qui m’avaient tellement plût, ceux que j’avais tant désirés et finalement eu la chance d’acquérir, ceux qui appartenaient à ma soeur qui les gardait jalousement et que je lui piquais en cachette parce que je les trouvais forcement mieux que les autres.

Je les ai quasiment tous trouvés. Chaque trouvaille me rendait hystérique et laissait Papa d’hiver complètement perplexe. J’ai voulu tous les racheter. Il me les fallait TOUS.

Ce matin, l’excitation n’est pas retombée mais j’ai laissé tomber l’idée de les acquérir. Sous les conseils de Papa d’hiver, je vais laisser le passé là où il est. Ne pas commencer une course effrenée à vouloir le rattraper. Aujourd’hui, je comprends l’amour que l’on peut porter aux objets, aux vieux jouets.

Je n’aurai plus jamais 7 ans mais ces retrouvailles m’en ont donné l’impression. Et c’était bon.

Le Polly Pocket de ma soeur, qui s’accrochait autour du cou…la classe quoi !

Vie de famille

On se plaint souvent Papa d’hiver et moi que les soirées, les week-end passent trop vite, qu’on n’a pas le temps de profiter l’un de l’autre. Et c’est encore plus vrai depuis que nous sommes parents.

La semaine défile à une vitesse folle et nous ne faisons que nous croiser. Je n’ose même pas imaginer la façon dont nous allons devoir nous organiser quand j’aurai repris mon boulot en septembre…

Bref, la semaine c’est speed quoi… Alors il y a 2 semaines, nous avons décidé de profiter. On s’est autorisé notre premier restau’. Ouai. On est sorti faire les boutiques et nous ne sommes pas rentrés à l’appartement comme nous le faisons d’habitude pour donner à manger à l’esquimau. Non. Cette fois-ci, on avait prévu le coup et après un court moment d’hésitation à l’heure du repas, on a foncé au restaurant, tous les trois, pour la première fois. Et ça nous a donné une impression de liberté, un truc de dingue !!!

Etant donné que nous transportons le petit en écharpe, il devait rester sur mes genoux le temps du repas. Autant vous dire que c’était un peu sport mais qu’est ce qu’on était heureux ! J’avais l’impression ridicule de transgresser un interdit, de faire un truc fou: aller au resto avec un bébé d’à peine 5 mois… Nan mais j’te jure on devient vraiment des flipettes quand on est parents en se faisant des montagnes de pas grand chose.

Pourtant, avant de le devenir on s’était jurés de ne rien changer ou presque… Qu’à peine né on irait avec l’esquimau boire un verre dans un bar à vin branché ou réserver une table dans un bel endroit, histoire de célébrer notre exploit d’avoir surmonté 9 longs mois de grossesse. Mais non en fait.

Les 3 mois qui ont suivi la naissance de l’esquimau nous l’avons vécue avec des valises sous les yeux et des préoccupations jusqu’ici inconnues comme la gestion du stock de lait, choisir des tailles de couches, décider comment habiller un bébé qui ne sait pas dire s’il a trop chaud ou trop froid alors qu’en temps normal on ne sait déjà pas quoi mettre soi-même,… Pendant 3 mois, on a apprit à accepter que les choses avaient changées, on a apprit à se connaitre, à se faire confiance, on a avancé à son rythme.

Et puis ce 4ème et 5ème mois, on s’est autorisé à lui faire partager l’univers que nous nous étions créé, nos petites habitudes, nos petits plaisirs d’avant. Et quel plaisir de vivre tout cela à trois dorénavant.

Et si à présent mon set de table est déchiré à la fin du repas, et que je dois manger froid, je trouve ça encore meilleur.

Comment ça, c’est pas crédible ?!

Un bébé sans poussette

Le portage en écharpe, c’est un truc qui m’a tout de suite parlé pendant ma grossesse. Je ne pensais pas que sa pratique me mènerait à la position que nous avons aujourd’hui avec Papa d’hiver.

En effet, même si je ne clame pas « fontaine je ne boirai jamais de ton eau », pour l’instant, on ne s’imagine pas acheter une poussette un jour. Avant la naissance de l’esquimau, je m’étais pourtant dit qu’une poussette canne une fois quelques mois passés pourrait être utile. Je le pense toujours mais j’ai lu un article relayant ce constat: une poussette transportant l’enfant « face au monde » serait plutôt néfaste pour lui. Or, observant autour de moi les bébés, parfois très petits,  promenés de la sorte en ville, je n’ai pu qu’adhérer à cette idée.

Je ne dis pas que les personnes véhiculant leur enfant de cette façon sont d’affreux parents méchants, chacun fait comme il peut, comme il le sent. Mais moi, je ne me vois pas faire de même avec mon fils. L’imaginer à hauteur de pot d’échappement, confronté seul à toutes ces informations et sollicitations exterieures souvent brutales ça ne me plait pas.

Et puis franchement, le prix d’une simple poussette canne m’hallucine.

Enfin je dis ça mais depuis 5 mois que nous nous baladons avec l’esquimau, nous avons investi dans plusieurs modes de portage. Si nous avons craqué pour diversifier notre parc d’écharpes c’est parce que chacune présente un intérêt particulier.

Nous avons commencé avec une écharpe stretch: la Tricot Slen de Babylonia. Géniale pour l’hiver, elle tenait vraiment chaud (parfois même trop…) mais une fois que l’esquimau a atteint un certain poids et que les beaux jours sont arrivés, elle a dû passer la main.

Papa d’hiver ne se sentant pas à l’aise à faire les nouages de l’écharpe, nous avons donc vendu un de mes reins pour acquérir l’Emeïbaby: un porte-bébé avec un tissu d’écharpe Girasol (à propos duquel vous trouverez un excellent avis sur le blog de Papotages autour du Portage). Il présente l’interêt d’être très facile et rapide d’utilisation pour les handicapés des noeuds tout en permettant au bébé d’adopter une position physiologique. Franchement, on ne regrette pas une seule seconde cet investissement. Même moi je l’utilise !

En parallèle et pour répondre à mon besoin pathologique de mettre l’esquimau en écharpe, nous avons également acheté un sling et une écharpe en sergé croisé Ling Ling d’Amour. J’utilise énormément le sling. Simple à installer, léger et confortable, il permet au bébé d’avoir un position plus ouverte sur le monde.

Quant à l’écharpe, c’est un pur craquage parce que je voulais mettre le petit sur mon dos. Donc je m’entraîne mais j’ai du mal à me faire à la rigidité du tissu par rapport à la Tricot Slen.

Après, choisir le portage comme seul mode de transport pour son enfant ça présente des avantages et des inconvénients… A chacun de voir si le jeu en vaut la chandelle, moi je pense que oui !

Les avantages, selon moi, d’une vie sans poussette (et avec portage donc):

– Facilité de déplacement: A toi boutiques, trottoirs et autres escaliers !  En ce qui nous concerne, vivant au troisième sans ascenseur, on est bien contents de ne pas avoir à se taper la montée des marches avec une poussette qui pèse 3 tonnes.

– Je pourrais t’exposer l’argumentaire des bienfaits du portage mais je te laisse plutôt lire ça

– Enfant peu accessible. Gné ?! Mais oui tu sais… Porter ton bébé tout contre toi lui évite d’avoir à subir le contact des doigts crochus des mamies avides de jeunesse! Malheureusement, ça n’arrête pas les plus tenaces…

– Economie de vêtements: Un bon échange thermique entre le porteur et le porté ainsi que l’enrobage dans l’écharpe font que nous n’avons jamais eu besoin d’accumuler les couches de fringues sur l’esquimau. Pas de manteaux, couvertures, combinaisons,…

– Toujours sous la main: Argument surtout valable pour le sling ou l’écharpe courte qui se glissent facilement dans un sac. Idéal donc pour emmener l’esquimau à la crêche et aller le rechercher après le boulot.

Les inconvénients :

– Le poids: Au bout d’un moment le bébé prend tu poids, c’est inéluctable. Ici, à 5 mois, l’esquimau pèse un âne mort 8 kilos et sur de longues balades ça peut commencer à se sentir.

– La chaleur: En hiver, on est bien content d’avoir une petit bouillotte bavant contre soi. En été, c’est nettement moins réjouissant… Il peut vite faire TRES chaud et le bébé s’impatiente assez rapidement dans ces cas là.

– On oublie les talons: Genre on fait pas comme moi au début parce que déjà c’est mauvais pour le dos et en plus l’équilibre étant moins bon (rapport à l’âne mort que vous transportez), il y a des risques de chute.

– Durée de balade limitée: En moyenne ici, on a droit à 1H30 de promenade avant que l’esquimau ne couine et ne se tortille comme un vers. C’est valable aussi si tu restes statique un peu trop longtemps alors qu’il dormait, bercé par ta démarche de pinguin.

– Pas idéal pour se faire un restau’ puisque, s’il ne tient pas encore assis tout seul, tu n’as pas d’autre choix que de le garder sur toi.

– Fini les séances de shopping en solitaire. Je te mets au défi d’essayer des fringues avec ton bébé contre toi… Ah si, j’ai réussi à acheter des chaussures !

– Les écharpes longues ne sont pas très pratiques à installer en dehors de chez soi (salle d’attente pédiatre, exterieur,…) et au vu du nombre de personnes qui nous regardent mi-interloquées, mi-amusées, on fait carrément bête de foire. Faut aimer…

Oui je sais, au vu de tous ces inconvénients, j’ai l’air d’une héroïne en allant au bout de ma conviction ! Mais ce que j’ai oublié de préciser c’est que souvent, je m’arrange pour refiler le paquet à Papa d’hiver …