Briser le silence

Une tempête. Un ouragan. Un défi. Un enjeu vital.

Ce mois de mars 2012, j’ai décidé d’arrêter de fermer les yeux. J’ai brisé mes chaines. Je me suis rendue libre. Pour moi, pour mon fils, pour les générations à venir. Pour pouvoir me regarder dans un miroir dans quelques années et être fière de moi.

Dire non au secret familial est la chose la plus difficile que j’ai eu à faire jusqu’à présent. S’extraire de ce carcan en parlant, en écrivant, en accusant, sans détours, sans non-dits m’a libéré du poids que j’avais sur la conscience depuis des années. Cette culpabilité qui vous écrase. Ces cauchemars qui font vous réveiller en sanglots.

Ça y est. La machine est lancée. Je ne peux plus revenir en arrière. Je ne VEUX plus revenir en arrière. J’ai dit tout haut ce que tout le monde se dit tout bas, ce que tout le monde cache. Je ne pouvais plus être complice de tels actes même si j’aime profondément la personne qui les faisait et celle qui les laissaient se produire. Je sais que ma démarche est juste. Et si elle m’arrache une partie du coeur, elle soulage aussi une blessure profonde.

Parce qu’aujourd’hui j’ai une famille à moi. Dont je suis responsable. J’ai un fils que je me suis promis de protéger envers et contre tout. Parce qu’aujourd’hui je me sens plus forte, je me sens soutenue. L’homme de ma vie, mon pilier, croit en moi, me soutien, me console. Je ne peux pas les décevoir, je ne peux pas mettre en péril notre bonheur.

Ces dernières semaines l’esquimau a tout ressenti, il n’a pas été bien.  J’ai tellement culpabilisé de lui faire vivre tout cela à seulement 2 mois, de ne pas profiter comme je l’aurais voulu des premiers instants de sa vie. De me mettre à pleurer devant ses sourires innocents et pleins d’amour qui me ramenaient à l’essentiel.

J’ai eu peur de tomber dans la dépression, j’ai eu peur de ne pas y arriver. Mais je l’ai fait et quand plus tard mon fils me posera des questions, je pourrai lui répondre la vérité. Sans détours.

Et en le voyant grandir sereinement, sans avoir à porter des valises qui ne sont pas les siennes, je comprendrai l’importance d’avoir osé briser ce silence.