Premiers instants…

De petits couinements, des reniflements, de profonds râles…il est 3h30 du matin et comme toutes les nuits depuis le 22 janvier 2012 un petit esquimau a faim et le fait savoir.

Lever la tête pour le regarder dans la pénombre, évaluer si quelques minutes de sommeil sont encore envisageables et comprendre que l’appel du ventre est impitoyable.

Emerger rapidement, aller préparer le biberon le plus vite possible et revenir en espérant que Papa d’hiver n’a pas été reveillé par les vocalises de notre fils.

Lui donner sa pitance sans broncher, lutter pour ne pas s’assoupir et le regarder se tortiller pour faire passer un rot tonitruant qui raisonnera dans la pièce silencieuse. Scène pathétique et attendrissante.

Surtout, ne pas compter combien d’heures j’ai pu dormir depuis le dernier biberon et s’interdire de penser à celles qu’il me reste jusqu’au prochain, à 6h30…

Moi qui aimais tellement dormir, il faut se résigner…le deuil sera long et douloureux mais il parait que ça en vaut la peine. C’est ce qu’on dit en tout cas.

Depuis le 22 janvier à 5h30, un esquimau de 48cm pour 3 kg est entré dans notre vie, la chamboulant à tout jamais. Parmi tous les instants surnaturels de la nuit de sa naissance je garderai en mémoire, avec une émotion particulière, une scène.

Celle de Papa d’hiver revenant dans la salle d’accouchement, un large sourire illuminant son visage fatigué, fier de me présenter notre fils. Ce petit garçon que je reconnais immédiatement alors que c’est la première fois que je le vois, arborant au poignet un bracelet portant son nom et son prénom. Séquence émotion, bonheur intense.

S’en sont suivies les deux semaines les plus intenses de ma vie.

Dépasser ses limites en se soutenant mutuellement, pleurer et rire aussi -de nervosité le plus souvent-, se demander pourquoi, se dire qu’on était bien avant, le laisser s’endormir sur soi, sentir son odeur si particulière et être fière, ne pas pouvoir s’empêcher de dire « attention » ou « doucement » en le confiant à quelqu’un, réaliser que l’on ne dormira plus 8 heures d’affilées avant plusieurs mois, culpabiliser de ne pas savoir profiter de ces instants…

Se dire que plus tard ça sera certainement mieux…sinon personne ne ferait d’enfant après le premier.

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