A la ramasse

Demain cela fera 2 mois que l’esquimau est venu au monde. Deux mois de bonheur, d’amour mais aussi de pleurs, et surtout de fatigue !

J’en arrive à un stade plutôt inquiétant et je me fais du soucis pour ma santé mentale…En effet,  plusieurs évènements ces derniers temps m’ont fait comprendre que mon cerveau avait du mal à suivre . Papa d’hiver ne m’a pas encore parlé d’internement mais j’imagine que ça n’est qu’une question de temps…

Je partage donc avec vous une petite liste de ces moments d’égarement (et si à tout hasard un médecin passe par là…je ne suis pas contre quelques somnifères un diagnostique !)

1- Premier constat: Quand l’esquimau est dans mes bras il m’est quasiment impossible de tenir une conversation normale avec un autre être humain (de plus de 5 ans j’entends…). C’est comme si tous mes neurones étaient entièrement dédiés au petit roteur qui squattes mes genoux. Ne sont intelligibles que ses borborygmes, le reste n’est qu’un épais brouillard d’où ressortent parfois bribes de phrase.

2- Il y a quelques jours alors que je tentais de DORMIR BORDEL ! trouver le sommeil pendant que mon fils chouinait dans son lit à quelques centimètres de moi. Papa d’hiver s’est redressé et après avoir inspecté les environs me sort:

« – Ah bah je croyais que tu l’avais dans les bras!

– Bah pourquoi ça ? Il est dans son lit… 

– Dans ton sommeil, tu faisais des mouvements pour le bercer« 

Eh merde…ça y est, j’adopte des comportements autistiques quand je dors…

3- Pas plus tard qu’hier, je me suis rendue chez le boulanger. La vendeuse me tape la discut » en voyant l’esquimau dans l’écharpe. Sauf qu’à coups de « C’est mignon à cet âge » et de « Il est bien là contre sa maman » bah….j’en ai oublié les baguettes ! Genre, je passais juste lui dire bonjour quoi !

4- Et enfin LE TRUC qui m’a fait prendre conscience que mon état devenait pathologique: mon rêve de la nuit dernière. Ce grand moment où j’ai pu enfin dormir rêvé que Papa d’hiver se transformait en POULE pour, je cite: « voir ce que cela fait de pondre un oeuf ».

C’est bon, j’ai compris, je prends immédiatement rendez-vous chez le psy…

Laisse tomber, ça fait mal en fait...

(Re)vivre sans télé

Depuis quelques mois maintenant, Papa d’hiver et moi avons pris une grande décision. Se débarrasser de notre téléviseur.

Nous sommes partis de plusieurs constats:

1 – La télé ça a un prix. Mis à part le coût de l’appareil en lui-même, tout ménage équipé d’un téléviseur paye la redevance audiovisuelle soit 125 Euros pour l’année 2010. Elle sert à financer les organismes publics de télévision et de radiodiffusion (France Télévisions, Arte-France, Radio France, Réseau Outre-Mer 1ère, RFI, Institut national de l’audiovisuel).

125 Euros, un prix pas franchement hallucinant mais quand même…N’aurions nous rien de mieux à en faire ?! Et puis les chaines publiques, mise à part France 5, nous ne les regardions quasiment jamais… Bon, et si VRAIMENT on veut profiter d’un programme en particulier, on se fait un petit replay mais c’est très rare …

2- Nous passions nos soirées à regarder la télévision. Souvent d’ailleurs un programme qui ne nous intéressait qu’à moitié voire même pas du tout. Un fond sonore et visuel qui nous empêchait de profiter pleinement de l’autre, de discuter, de se câliner, de s’apaiser après une dure journée.

3- Les programmes télé: quel contenu ? Que savons nous de plus une fois le téléviseur éteint ? Qu’est ce que cela nous apporte?

Du stress, de la peur (merci les feuilletons de faits divers des JT tous plus glauques les uns des autres !), un sentiment d’insécurité, que la planète va exploser, monde de merde, tous pourris, que la famille duchmol a trouvé une nouvelle maison, que les politiques se tapent dessus à coup de propos terriblement pathétiques, que le cactus est devenu tendance, qu’une parfaite inconnue se sent moins grosse après être passée dans une émission en petite culotte. Franchement…

Papa d’hiver et moi avons envie d’avoir une approche du monde, des autres différente de tous ces clichés que l’on nous sert à longueur de temps à travers ce média.

Alors nous avons donné notre téléviseur. Nous avons osé nous en débarrasser pour de bon. Et je peux l’affirmer aujourd’hui: cette décision nous a fait gagner en qualité de vie. Nous avons acheté plus de livre, beaucoup de livres. Le soir Papa d’hiver me raconte ses lectures, nous discutons, nous sommes ensemble. Nous nous couchons plus tôt aussi. Nous trions les infos que nous lisons, nos esprit ne sont plus parasités d’un tas d’informations inutiles et abrutissantes. Nous ne connaissons pas le prénom de la nouvelle petite fille/femme/joggeuse dont on recherche le meutrier/violeur et qui fait la une des JT chaque soir. Nous, à 20h, nous dinons ensemble, en tête à tête avec notre fils sur les genoux, en famille, disponibles.

Je ne dis pas qu’il est impossible de vivre toutes ces choses avec un téléviseur à la maison. Mais nous, nous n’y arrivions pas. Appuyer sur le bouton et ne plus réfléchir semblait tellement simple…

Certains nous trouverons marginaux, en dehors de la réalité. Mais si les programmes télé sont le reflet de notre société alors oui, nous souhaitons nous en protéger. Mais honnêtement, je ne pense pas.

Nous valons tous mieux que ça.

Sur un air de printemps

Ce n’est pas encore le printemps et pourtant…

Dehors le brouillard se dissipe pour laisser place à un grand soleil qui fait entrer la chaleur dans nos coeurs.

Ces derniers jours, le temps semble s’étirer, les instants se font plus doux dans la famille d’hiver et c’est si bon…

Regarder ce petit bout grandir et fondre en l’entendant faire ses premières vocalises, si douces, si tendres.

Respirer le parfum floral et frais de l’air, entendre le chant des oiseaux et se dire que tout ira bien à présent.

Traverser la ville avec son fils blotti contre soi, profondément endormi, dans un état de confiance absolue et se sentir forte d’une énergie nouvelle.

Se retourner rapidement sur le chemin parcouru et se dire que ça en valait la peine. Tellement.

Croiser le regard si fier et si fragile d’un Papa d’hiver apaisé et heureux, enfin.

Attendre son retour le soir pour aller se balader, main dans la main et profiter tous les trois des derniers rayons du soleil.

Refaire le monde, notre monde, encore et toujours, en établissant des projets fous, des rêves d’avenir.

Les aimer comme jamais on ne l’aurait cru possible.

Sur un air de printemps.

Un look en carton

Au cours de la vie, on change, on évolue. On rencontre de nouvelles personnes, on prend de nouvelles directions, on s’affirme et notre look évolue avec nous.

Comme je vous l’ai déjà dit, on n’attachait pas beaucoup d’importance à l’apparence dans ma famille convaincu qu’elle empêchait la bôooté intérieure de se développer. On ne m’a donc jamais appris à prendre soin de moi, jamais aidé à m’aimer. Les boutiques, ma mère m’y accompagnait à contre coeur et les achats devaient être utiles et pratiques. Forcement, nous étions 5 enfants à la maison et ce poste de dépense n’était pas une priorité.

Pourtant moi, j’ai toujours aimé les fringues, le maquillage et tout ce qui se rapporte au soin du corps, en gardant à l’esprit le bon gout et la discrétion afin d’éviter les remarques familiales désobligeantes. Pas facile de trouver son style sans être guidé…

L’esquimau est né il y a maintenant presque 2 mois. Pendant la grossesse, j’avais mit quasiment la totalité de ma garde robe en cartons pour ne pas encombrer le dressing de vêtements que je n’allais de toute façon pas pouvoir porter pendant au moins 9 mois.

En attendant mon fils, j’ai pris 20 kilos. Oui c’est beaucoup. D’autant plus qu’aujourd’hui il m’en reste encore 12 à perdre…Moi qui pensais que cette histoire de perte de poids serait réglée en 3 mois maximum… On est loin du compte !

Alors quoi de mieux pour se motiver que de ressortir mes vêtements des cartons ?! Super idée à laquelle je me suis attelée aujourd’hui, profitant du répit de ce matin laissé gracieusement par sa majesté l’esquimau (c’est incroyable la capacité qu’il a à dormir quand je suis active et à faire le bordel gazouiller quand je m’écroule de fatigue !)

A l’ouverture de ces cartons, deux constats…

1- « Oh my god, comment vais-je faire pour rentrer un mollet dans ce jean ? »… » Ma vie est foutue, je suis condamnée à rester une grosse patate pour la fin de mes jours! »… »Il ne faut SURTOUT PAS que Papa d’hiver revoit ces vêtements » (déjà qu’il m’a glissé l’air de rien que j’avais des rondeurs disgracieuses)… Je revois défiler tout ce que j’ai pu m’enfiler de chocapic, de Macdo, de bonbons, de pâtisseries (Je perds cher mon nouvel intérêt pour ce domaine…) pendant cette gestation interminable…

2- « Nan mais sérieux, c’est quoi ces fringues ?!! On dirait que je suis restée bloquée à mes années fac! Je peux plus mettre ça, j’aurais l’air de quoi franchement ? » Et puis ce look uni, triste, passe partout, je n’en veux plus.

Avec l’arrivée de l’esquimau, j’ai l’impression d’avoir pris une autre dimension. Je suis maman et j’ai une idée très précise de la mère, de la femme que je veux être. Ca passe par une attitude, un état d’esprit biensur et je vous raconterai combien sur ce point, les choses ont déjà changé pour moi. Mais ça passe également par l’apparence. Je veux quelque chose de plus adulte, de plus mature, de plus affirmé, de plus raffiné. Une belle métamorphose qui respecte la nouvelle moi.

Bon, c’est sûr que là tout de suite avec mes 12 kilos en trop, mes poches sous les yeux, la tâche de vomi séché sur le bras et la tablette de chocolat à l’orange que j’entends crier depuis son placard, y a encore du boulot…

Mais on y croit !

Ca c'est la tronche que je faisais AVANT l'ouverture des cartons...

Bienvenue chez les Bidochon !

Mise à part une ressemblance physique évidente avec la famille Bidochon -rapport à la prise de poids et au léger laisser aller- d’autres indices laissent penser que depuis l’arrivée de l’esquimau la famille d’hiver se transforme, pour le meilleur mais surtout pour le pire…

Adieu vie superficielle où l’on s’extasiait devant une manucure réussie, de toute façon j’ai les ongles coupés à ras maintenant ! Place à présent à des victoires plus triviales mais tout aussi importantes:

« – Chéri j’lui ai enlevé une crotte de nez ENORME !! Tu veux voir ??

– Nan c’est bon j’te crois…

– C’est incroyable! Comment il pouvait respirer avec un truc pareil ?! »

Adieu discussions philosophiques ! Elles s’effacent devant les « Wahou ! La Vache ! Tu verrais le caca de fou qu’il a fait ! » ou toute autre réflexion très profonde sur le contenu de la couche de notre progéniture adorée.

Adieu fierté ! On peut maintenant se permettre un magnifique:  « Amène le voir que je sente s’il a fait caca! » (Franchement, comment imaginer sortir une telle phrase avant d’avoir un bébé ?!!)

Adieu sex appeal !

« Euh Chéri, t’as du vomi dans le dos… »

Adieu hygiène

« – Merde, j’ai pas eu le temps de prendre ma douche aujourd’hui…

– Bah vas-y maintenant!

– Oh non, j’suis trop claquée et il vient de s’endormir je vais plutôt me coucher… »

Adieu solidarité… Maintenant on tente tout ce qu’on peut pour gagner quelques minutes de sommeil même s’il faut pour cela gruger sa tendre moitié:

« – Il est 7 heures, c’est ton tour là…

– Ah non, on a dit que je faisais le bib’ du matin !

– … Bah 7 heures c’est le matin ! et avant qu’il naisse on avait aussi dit qu’on n’instaurerait pas de tours »

Adieu questions existentielles ! Quand l’esquimau pleure on doit se poser des questions plus terre à terre:

« – EUUUGHHAAAA !!

– Peut-être qu’il a faim?

– Il a mangé y a même pas 1h30 ! Bon, c’est vrai qu’il avait pas tout fini…

– EUUUUGHHAAA !!!!

– Caca ?

– Viens voir que je sente ! Non c’est pas ça…

– EUUUHHH !! HHIIII !!!

– Il est tout chaud, si ça se trouve il a de la fièvre !

– Mais non, arrête de toujours t’inquiéter ! Il est surement trop couvert, on a cas enlever la couverture !

– EUUUGGHHHAAA !!!

– La body doit être trop serré, il a grandi maintenant, le 1 mois est un peu juste. Ca doit le gêner… Je vais le changer !

– EUUUGGHHAAA !!

– Pfff… On a cas le laisser pleurer…

– Nan mais ça va pas ???!!! Il a FORCEMENT un problème, faut qu’on trouve ! Il veut surement qu’on le promène dans l’appart. Vas y, il aime bien quand c’est toi… (Héhé… Maline Maman d’hiver…)

– AAAHH !!

– Han mais quel relou ! On a TOUT fait là!

– Blurp !

– …

– Ah bah voilà, c’était un rot !

Adieu intimité ! Qui aurait pu croire qu’un jour je prendrais ma douche devant mon fils en dansant comme une demeurée et en beuglant une chanson de Jacques Brel des Gipsy King pour éviter qu’il pleure ?

« – Grounch…Reu… REU…hi…HIIII !!

– Regarde mon ange, maman se lave ! Ouh c’est génial la douche hein?! Ouai…elle s’amuse ta mère regarde !!!

– Eugha ?! EUGHA!! AAAHHH! »

– Djobi ! Djoba! Lalalilalalilala ! (danse du pommeau de douche)

– (regard de poulpe médusé)… AAAAHHH! OUIIINNN !! EUGHIIIIII !

– DJOBI DJOBI, DJOBI DJOBA !!!! »

Adieu soirées en amoureux devant un bon petit plat! Maintenant c’est bouillon de poule aux vermicelles que l’on déguste en alternance avec de doux braillements en fond sonore.

« – OUIIIIIIINNNNN !!! aaaAAHHHH!!!

– Viens, j’te prends le p’tit, ton repas va être froid…

– HIIIIIII!!! EUGHAAAaa !

– QU’EST CE QUE TU DIS ?

– DONNE MOI LE BEBE FAUT QUE TU MANGES !

– TIENT LE BIEN DROIT, JE CROIS QU’IL A UN ROT COINCE…

Merde…Trop tard, c’est déjà froid… »

Adieu bains moussants !

« – Tu vas prendre un bain là ?

– Bah…euh…ouai…(Papa d’hiver sent la feinte arriver…)

– Ah bah c’est cool, je te l’amènerai quand l’eau sera coulée ! Je préfère quand c’est toi qui le tient, c’est plus facile.

– Ok. Je t’appellerai.

2 minutes plus tard...

– En fait, je viens tout de suite parce qu’il s’endort là.

– Attends! D’habitude j’en profites un peu avant…

– Ouai je sais…pas le choix…Oh bah il a juste fait pipi, pas besoin de le nettoyer vu qu’il va direct dans le bain !

– …

– Allez hop ! Dans l’eau avec papa !

– Super… c’est quoi les p’tits trucs qui flottent ? »

Adieu romantisme ! Bon, au milieu de tout ça, Papa d’hiver et moi on s’aime toujours comme des fous et on prend le temps de se le dire de temps en temps en échangeant un tendre baiser…

Régulièrement interrompu par un rot tonitruant…

Ne JAMAIS oublier de dire où l'on va sous peine d'être accusé de lâchage !