Réflexions autour de l’éducation non punitive – Partie 2

         Dans ce deuxième billet, je vais dans un premier temps vous présenter ma fiche de lecture de l’ouvrage « Eduquer Sans Punir: Apprendre l’Autodiscipline aux enfants » de Thomas Gordon qui m’a fait avancer dans ma réflexion sur l’éducation. Puis, je vous présenterai des pistes de lectures pour mieux comprendre les manières d’appliquer concrètement une éducation sans punition.

Fiche de lecture: « Eduquer Sans Punir: Apprendre l’Autodiscipline aux enfants » de T. Gordon

         Thomas Gordon est un psychologue américain ayant mené une réflexion sur la communication non-violente. Dans le cadre du conseil consultatif de prévention de la violence faite aux enfants dont il a fait partie, il a rédigé une brochure et mit en place la formation « parents efficaces » afin de proposer aux parents des moyens de cultiver l’autodiscipline de leurs enfants.

       Dans l’ouvrage « Eduquer Sans Punir : Apprendre l’Autodiscipline Aux Enfants », rédigé en 1989, le psychologue, constatant que la question de la discipline pose problème à toutes les personnes intervenant dans l’éducation d’un enfant, nous incite à la penser différemment et à s’affranchir de la relation de pouvoir qui existe souvent entre adultes et enfants.

        Dans un premier temps, Thomas Gordon présente la méthode traditionnelle d’éducation fondée sur l’usage des punitions et des récompenses et analyse ses effets sur les enfants et la société. Dans un deuxième temps, il propose des alternatives à cette méthode jugée néfaste.

        Dans la première partie, le psychologue part du constat que les châtiments corporels infligés aux enfants sont très répandus dans les familles quelque soient leurs catégories sociales. La plupart du temps, ce phénomène découle de la vision que les individus ont de la discipline et de la méthode qu’ils adoptent pour l’inculquer aux enfants.

Thomas Gordon distingue la discipline instructive, fondée sur l’influence de la discipline restrictive, fondée sur le pouvoir. Cette dernière, la plus communément utilisée, consiste à donner le sens de l’ordre, de l’obéissance à un enfant en exerçant un contrôle sur lui, en cherchant à le soumettre. Les adultes la mettant en œuvre utilisent des méthodes fondées sur l’utilisation de récompenses et de punitions.

Pourtant, l’auteur démontre les limites de ces méthodes. En effet, pour produire des résultats, elles demandent une grande rigueur de la part de celui qui les délivre car elles doivent suivre immédiatement et systématiquement le comportement désirable ou indésirable de l’enfant. De plus, pour que cela fonctionne, l’adulte doit être le seul à pouvoir satisfaire les besoins de ce dernier mais plus il grandit, plus il peut se procurer les choses par ses propres moyens et moins il est dépendant de ses parents qui se trouvent alors démunis.

        Thomas Gordon montre que ces deux méthodes, en plus d’être souvent inefficaces, sont néfastes pour l’enfant, sa relation à autrui et donc pour toute la société.

Les enfants apprennent en observant et en imitant les adultes, en particulier leurs parents. Si ces derniers se font obéir par la violence, il enseignent à leurs enfants que c’est le meilleur moyen d’obtenir ce que l’on souhaite. L’usage de la violence est ainsi banalisée dans les relations humaines.     Le psychologue défend l’idée que la violence présente dans la société, à l’origine de désordres sociaux trouve ses racines dans le type d’éducation dispensé aux citoyens lorsqu’ils étaient enfants. En effet, les études sur lesquelles il appuie son argumentation démontrent qu’un individu ayant reçu une éducation trop sévère, violente et punitive était plus enclin à user de violence à son tour et à sombrer dans des comportements délinquants. De ce fait, la lutte contre la violence faite aux enfants représente pour l’auteur un enjeu sociétal.

La première partie de l’ouvrage démontre donc qu’il est primordial d’éduquer les enfants et non plus de les discipliner. Ces derniers doivent apprendre à se contrôler eux-mêmes face aux désagréments qui résultent de leur propre comportement.

Selon l’auteur, la meilleure façon de favoriser l’autodiscipline chez les jeunes est de privilégier la discipline coopérative qui permet à l’individu de se créer une discipline intérieure, évitant ainsi les phénomènes de débordements quand le cadre dominateur est absent.

          Pour aider les adultes à exercer cette discipline, Thomas Gordon propose donc des méthodes d’éducation non violente pour amener les enfants à modifier leur comportement sans pour autant les contrôler.

         Pour cela, il est important que l’adulte reconsidère la façon dont il perçoit le comportement des enfants. En effet, quand un adulte dit qu’un enfant se comporte mal, ce sont en fait les effets du comportement de l’enfant sur l’adulte qui sont jugés mauvais et non le comportement en tant que tel.

Chaque fois qu’un enfant fait un geste qui empêche à l’adulte de satisfaire un besoin, ce comportement est inacceptable pour l’adulte, parce qu’il lui cause des ennuis.

           Gordon propose des procédés non punitifs pour aider les parents à modifier les comportements de l’enfant ainsi que des méthodes destinées à aider ces derniers à résoudre leurs problèmes.

Ces procédés sont fondés sur l’écoute des besoins de l’enfant, l’utilisation du message « je » qui consiste à dire ce que l’on ressent plutôt que d’accabler l’autre. Ceci incite l’enfant à modifier son comportement de lui-même, en trouvant ses propres solutions, par égard pour les autres.

        L’auteur propose également de prévenir les comportements inacceptables des enfants en les impliquant dans l’établissement des règles, les décisions, la résolution des problèmes pour qu’ils sentent qu’ils comptent et sont maîtres de leur vie.

La résolution des conflits doit se faire dans un esprit de collaboration et non de compétition. Les besoins de chacun sont alors considérés comme légitimes et on s’applique à y trouver une solution ensemble, de sorte à ce qu’il n’y ai pas de perdant.

      Il faut néanmoins noter que ces méthodes ne fonctionneront que si les adultes sont à l’écoute des besoins, des sentiments et des problèmes des enfants et prêts à les accepter tels qu’ils sont car, selon l’auteur, cela constitue la seule façon d’amener une personne à changer, de l’aider à résoudre ses problèmes, à se développer psychologiquement et à augmenter sa capacité d’apprentissage.

 

Quelques pistes pour appliquer cette méthode au quotidien

Clairement ici, il ne s’agit pas de vous donner LA recette mais de vous faire part des lectures qui ont été les miennes et qui m’ont permis de penser qu’éduquer son enfant sans punitions et surtout sans châtiments corporels, c’est possible. Pas toujours évident mais possible.

Quelques ouvrages

A Quoi Sert l’Autorité ? de Véronique Guérin

Quelques lectures sur internet

« Sans fessée comment faire ?«  Brochure de La Maison de l’Enfant

– L’excellent et très complet dossier de La Poule Pondeuse « Eduquer Sans Punition »

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