Réflexions autour de l’éducation non punitive – Partie 1

          L’éducation des enfants en France est assurée par les personnes détenant l’autorité parentale sur le mineur. Cette autorité parentale est régie par l’article 371-1 du code civil déclarant :

« L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant. Elle appartient au père et à la mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité.»

     Pourtant, les parents sont très peu encadrés, soutenus et dirigés dans cette mission d’éducation. Ainsi, il est admis par la majorité des citoyens que l’éducation des enfants est une affaire privée et que le choix des méthodes disciplinaires sur les enfants appartient à leurs parents.

         Malgré tout, le débat sur le projet d’une loi interdisant tout châtiment corporel sur les enfants dans le cercle familial, y compris ceux les plus répandus comme la fessée ou la gifle, prend de l’ampleur. En 2008, le Conseil de l’Europe a appelé ses pays à interdire la fessée comme c’est déjà le cas dans plusieurs états comme la Suède en 1979, la Finlande en 1983, la Norvège en 1987, l’Autriche en 1989 ou plus récemment l’Allemagne et Israël en 2000.

     Avec l’évolution des connaissances sur le développement de l’enfant et les analyses des professionnels de l’enfance comme les psychologues, les pédiatres ou les éducateurs, les pouvoirs politiques de nombreux pays prennent conscience que les choix des familles des méthodes d’éducation de leurs enfants représentent un enjeu sociétal.

           En France, Edwige Antier, une pédiatre et députée de Paris a souhaité déposer en 2009 une proposition de loi interdisant les châtiments corporels sur les enfants dans le code civil afin de faire changer les mentalités à ce sujet.
           Malgré tout, les citoyens français, dont plus de 50% disent donner souvent des fessées à leurs enfants selon un sondage Sofres de 1999, se sont très majoritairement opposés à ce projet. En effet, souvent par crainte d’être stigmatisés, 82% d’entre eux se sont déclarés opposés à l’interdiction de la fessée. De nombreux citoyens et magistrats perçoivent cela comme un jugement car ils n’envisagent d’autres solutions pour d’éduquer leurs enfants autrement.

        Pour diminuer ces réticences, il apparaît important d’accompagner cette interdiction des châtiments corporels avec une campagne d’information sensibilisant les citoyens à la problématique afin de les renseigner sur les effets néfastes de ces pratiques très répandues et majoritairement perçues comme inoffensives. Il faut également, comme cela a pu être mis en place en Suède, promouvoir des formes positives, non violentes d’éducation des enfants et de résolution des conflits auprès des futurs parents, des parents et de tout autre personne ayant des enfants à charge.
          Ces méthodes fonctionnent puisque quand ce pays a interdit la fessée en 1979, 70% des parents y étaient opposés contre 10% aujourd’hui. Cela s’explique par le fait que dès l’adoption de la loi, une brochure fournissant des solutions alternatives à la punition corporelle a été distribuée aux familles et des conseils éducatifs ont été imprimés sur les packs de lait. Ainsi, les cas de maltraitance ont diminué et les placements en foyer entre 1982 et 1995 ont baissé de 26%.

           Il apparaît aujourd’hui très important dans notre société de considérer différemment les enfants et les modes d’éducation. De nombreux professionnels de l’enfance ont su démontrer l’inefficacité et la nocivité des méthodes disciplinaires traditionnelles. Dans cette prise de conscience collective, les services politiques et sociaux devraient orienter, encadrer et soutenir les parents en leur proposant des méthodes d’éducation alternatives non-violentes.

       Dans cette perspective, la formation Parents efficaces (par exemple) a été créée par le psychologue américain Thomas Gordon avec la volonté de fournir aux parents, une méthode de communication efficace et simple pour développer une relation harmonieuse parents-enfants. Vous pouvez trouver plus de renseignements ainsi que les dates et lieux de cette formation sur ce site : http://www.ateliergordon.com/index.php

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